Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Luciano Pavarotti

dimanche 20 août 2017


Classiquenews.com - Articles

13 juillet

Télé. FRANCE 3. ROBERTO ALAGNA en duo, mercredi 2 août à 20h55

Classiquenews.com - Articles Télé. FRANCE 3. ROBERTO ALAGNA en duo, mercredi 2 août à 20h55. France 3 propose un voyage musical en compagnie du ténor Roberto Alagna, hôte crooner, séducteur et partenaire pour un programme télégénique 100% collectif : comme un certain Luciano Pavarotti avant lui – en réalité son modèle et son mentor, Alagna choisit de chanter en divers genres, plusieurs standards de l’opéra, de la variété… Avec entre autres, Natalie Dessay, Salvatore Adamo, Béatrice Uria Monzon, et même l’humoriste Laurent Gerra…. Roberto Alagna, voix d’or de l’opéra (il vint de chanter Calaf dans Turandot de Puccini à Londres, juillet 2017 ), est à l’évidence l’un des plus grands ténors de la scène lyrique actuelle. On le connaît pour sa générosité scénique et vocale, une générosité qui se mesure aussi à travers son goût pour le partage, tant avec le public qu’avec les artistes. Il apprécie tout particulièrement l’échange et la complicité qui s’opèrent sur scène avec ses partenaires, notamment dans le travail interactif du duo. Ce soir, il dépasse les frontières de l’opéra pour s’ouvrir à d’autres genres. L’artiste aime sortir des sentiers battus, s’affranchir des conventions et faire des incursions dans la musique populaire. Son attirance pour l’éclectisme et les crossover l’ont souvent amené à se produire également en duo avec des artistes de variété. Pour lui, il n’existe de barrières ni entre les artistes ni entre les genres : la musique est musique, sans notion de segmentation ni de hiérarchie. L’attachement de Roberto Alagna pour les duos est ainsi le fil rouge de ce programme, qui se place, à son image, sous le signe du partage et de la complicité créative. Le film alterne images d’archive des plus beaux duos variété et opéra de Roberto Alagna, des réactions de ce dernier au moment où il les redécouvre, … des extraits d’interview de certains de ses partenaires de scène, qui évoquent leur souvenirs de ces instants musicaux partagés avec Roberto Alagna. Cette soirée de duos complices est aussi un portrait d’Alagna comme partenaire. ————— Les plus beaux duos de Roberto Alagna – durée : 1h55mn Artistes interviewés: Roberto Alagna, Salvatore Adamo, Patrick Fiori, Natalie Dessay, Aleksandra Kurzak, Béatrice Uria-Monzon, Chico Bouchiki, Laurent Gerra Avec: Patrick Bruel, Nolwenn Leroy, Chico & The Gypsies, Piero Pretti et Francesco Demuro, Elie Semoun, Laurent Gerra, Natalie Dessay, Salvatore Adamo et Frédéric François, Lara Fabian, Aleksandra Kurzak, Charles Aznavour, Zaz, Dany Brillant, Catherine Naglestad, Jane Birkin, Maurane, Béatrice Uria-Monzon, Inva Mula et René Pape, Michael Spyres, Patrick Fiori, Salvatore Adamo, Vincent Niclo, Anggun et Natasha St-Pier, Bryn Terfel, Thomas Hampson, Tina Arena, Paul Anka, Dave, Laura Giordano ——————– Après Les duos de Roberto Alagna, et sur la même chaîne à 22h55: 9ème de Beethoven, par Myung Whun Chung, au Chorégies d’Orange, captation réalisée le 16 juillet 2017 – Durée : Environ 1h10 – Avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France ; le Chœur de Radio France. Solistes : Ricarda Merbeth, soprano Sophie Koch, mezzo-soprano Robert Dean Smith, ténor Samuel Youn, basse

Classiquenews.com - Articles

12 juillet

ROBERTO ALAGNA chante CALAF, Londres, juillet 2017, par Jacqueline Dauxois

ROBERTO ALAGNA chante CALAF, Londres, juillet 2017, par Jacqueline Dauxois. Jacqueline Dauxois, écrivain, a publié Quatre Saisons avec Roberto Alagna, en février 2017, aux éditions du Rocher, CLASSIQUENEWS en avait rendu compte . L’auteure a précédemment édité un article sur la performance antérieure de Roberto Alagna dans le rôle de Cyrano de Bergerac (d’Alfano) au Metropolitan Opera de New York : lire CHANTER, C’EST JOUER (1) : Le Cyrano de Bergerac de Roberto Alagna . Elle poursuit sa collaboration avec le ténor français qui chante actuellement Turandot au Royal Opera House de Londres. La répétition générale fermée, à laquelle elle assistait, a eu lieu le 3 juillet dernier. La première représentation publique, où elle était également présente, le 8, a été un triomphe. Les deux prochaines représentations auront lieu le 11et le 14. Le 16 juillet, Roberto Alagna sera à Paris pour la dernière Carmen de la saison avec Elina Garanća. Après Cyrano, cet article est le deuxième publié sur classiquenews.com. ROBERTO ALAGNA DANS TURANDOT AU ROYAL OPERA HOUSE DE LONDRES Roberto Alagna d’un Turandot à l’autre D’un Turandot à l’autre, d’Orange, en août 2012, au Royal Opera House de Londres, en juin 2017, Roberto Alagna donne une illustration idéale des exigences de Giacomo Puccini. Au niveau vocal, le ténor est sans arrêt au sommet ; au niveau dramatique, il démontre dans la déjà classique production d’Andrei Serban qu’il s’approche encore de cette humanité que réclamait le compositeur. 1 Turandot, l’opéra qui a tué Puccini Le dernier duo Avec l’ambition de son génie, Puccini nourrissait la certitude que son dernier duo les éclipserait tous. Il tenait un sujet enthousiasmant, un conte venu du fond de la légende, des confins d’un Orient mystérieux, raffiné et cruel, passé au filtre de l’imagination d’un écrivain français, d’un dramaturge vénitien et d’un compositeur d’opéra italien. À l’inverse de tant de sujets qui finissent mal, Turandot, commencé par les horreurs d’exécutions capitales, s’achèverait dans l’amour. Le rideau tomberait sur le final triomphant d’un couple enlacé que sa musique allait rendre à jamais légendaire. À la source du génie Pendant quatre ans, Puccini vit avec Turandot dans le décor musical de la Chine ancienne. Dans sa maison de Torre del Lago, il entasse des objets chinois au milieu desquels on sent encore sa présence vivante. Au British Museum, il examine des instruments venus du bout du monde, cherche des mélodies anciennes, des chansons populaires. Comme il l’a fait dans Butterfly, il intègre ces airs qui campent un décor exotique, pétrit la musique étrangère avec la sienne, créant ce mélange qui coule de la source de son génie. Les difficultés sont à la mesure de son ambition, il avance plus lentement qu’il ne l’aurait voulu dans cette création dont il veut faire une somme. Il travaille avec ses librettistes, il veut des héros, pas des stéréotypes de contes cruels. Sur les paroles qu’il inspire à Simone et Adami, il inscrit le lyrisme de sa musique, la puissance de ses inventions orchestrales et obtient le chef-d’œuvre d’une concordance idéale du langage musical avec les caractères. Il souligne le conflit qui tend le récit en créant un contrepoint comique à la tragédie qui se joue. La puissance orchestrale et la masse des chœurs rendent plus poignants les sentiments intimes de personnages que sa musique conduit jusqu’au vertige avec de tels aigus qu’il se demande parfois lui-même qui va pouvoir chanter ces notes si longuement tenues, si follement aigües qu’il compose avec fièvre. Il pense à Gigli pour Calaf mais sera mort avant de savoir que c’est un autre qui va créer le rôle. Dans les voix et l’orchestre, il traduit l’enlacement fatal de la mort et de l’amour triomphant. Il approche du duo final, jette des ébauches sur des portées. Il y pense jour et nuit, il en parle à ses amis, l’évoque dans ses lettres. Il touche au but. Il arrive à la fin de l’œuvre. Une fille du Ciel Dans la férocité vocale de Turandot, il a creusé ces failles qui vont disloquer un cœur pris par la banquise. Avant même de soumettre Calaf aux énigmes, elle prononce le nom de son ancêtre avec une douceur qui laisse présager de quel amour cette féroce est capable et quelle passion peut animer une princesse rendue hystérique par le souvenir d’une aïeule violée et par sa conviction, qu’appartenant à la race des dieux, elle n’a rien de mieux à faire avec celle des hommes que de couper la tête des princes arrogants qui osent prétendre à sa main. Elle a déjà une galerie de trophées à son tableau de chasse et prétend l’enrichir avec la tête de Calaf. C’est du moins ce que disent ses mots, mais la musique que Puccini lui met dans la bouche annonce autre chose déjà. Un héros dépossédé Calaf a de quoi se réjouir, c’est lui qui fera couler les premières larmes de la vierge irréductible, phantasme masculin que les peintres ont vigoureusement exprimé les parois de la Villa des Mystères à Pompéi. Prince de sang royal, s’il résout les énigmes, il devient fils du Ciel par alliance, sinon, le glaive. Mais il possède ce qui manquait aux autres prétendants, la foudroyante passion qui fait de lui, plus que de Turandot, le héros de l’histoire, lui pour qui on se tue, lui qui incendie un cœur de glace. Il n’est d’ailleurs pas venu pour demander la main de Turandot. Il se trouve à Pékin par hasard, héritier dépossédé errant par le monde. Par hasard, il y retrouve son père, chassé de son trône et jeté sur les chemins de l’exil et, par hasard encore, il assiste au supplice d’un prince persan que la sphinge a vaincu. Lorsque Puccini sort Calaf de la foule anonyme qui grouille sous les murs du palais, la musique jaillit, troublante, comme le cœur bouleversé du héros à l’instant où la malédiction meurt sur ses lèvres et où son âme est embaumée d’amour, comme celle de Mario avant le supplice. Sa rage se fait enchantement. Les chœurs sont stupéfaits. L’orchestre s’étonne. Calaf se respire dans l’âme ces irrésistibles parfums de l’Italie, tellement plus délectables que les chinois. Encouragée par les accords de l’orchestre, sa voix répand ces fragrances qui anéantissent l’odeur de la charogne qui règne à Pékin. Projeté dans l’amour fou, Calaf n’en devient pas humain tout de suite pour autant. À la folie meurtrière de Turandot répond désormais son amoureuse folie pour elle. Le monde est anéanti. Plus rien n’existe que son désir. Le secret d’une esclave En face de ces créatures mythologiques, enchaînées par une passion dévoratrice qui les exclut des sentiments humains, au dernier échelon de la hiérarchie, un être d’une totale insignifiance, dont les Grecs se demandaient s’ils possédaient une âme : une esclave. Coup de génie, celle qui n’est rien est la seule capable d’aimer jusqu’à l’absolu, sans rien attendre en retour. Car, même s’il n’aspire pas au trône de Chine, la conquête de Turandot fera de Calaf un fils du Ciel par alliance et Turandot, quant à elle, en renonçant pour lui aux folies sanglantes de sa névrose, gagnera, avec l’amour, le plaisir, domaine où Calaf n’est pas plus empoté que pour résoudre les énigmes puisqu’un seul baiser persuade la rétive d’abandonner toute résistance et de faire de Calaf son initiateur. Sacrifiée d’avance, par elle-même sacrifiée, Liù, qui aime en secret, au contraire des deux autres, n’attend rien pour elle, et donne sa vie pour sauver celle de Calaf. La grandeur d’un pareil amour ébranle Turandot qui pourtant se refuse encore. Mais alors qu’elle proclame vouloir toujours la mort de celui qui a conquis le droit de l’épouser, c’est Liù quelle fait torturer, conservant l’inconnu en bon état, sait-on jamais. Liù qui se tue, ignore qu’elle se sacrifie pour rien. Elle se suicide pour que le nom de Calaf reste secret. Mais Calaf, qui fait encore monter les enchères d’amour après la mort de Liù, révèle à Turandot ce nom qu’il n’a pas dit pour sauver Liù quand elle pouvait l’être. Le dernier prétendant Puccini a arraché Calaf des griffes de Turandot. Il est mort à sa place. Une vie contre une autre. La réalité s’incruste dans la fiction. Le compositeur est le dernier prétendant assassiné. Turandot a son tribut de sang. Quelle énigme lui a t-elle posée qu’il n’a pu résoudre ? Il souffrait du cancer des grands fumeurs qui allait le tuer de toute manière, sa gorge était inopérable, mais il avait des rémissions et, dans une maladie qui n’atteint pas les facultés cognitives, le désir d’un mourant peut faire reculer le terme, le temps de terminer un duo, par exemple. Il est mort à l’hôpital, son manuscrit inachevé sur les draps. Lui qui ne voulait plus que meurent ses personnages, il est mort en pensant à Turandot, d’une mort d’Opéra. Où on retrouve Franco Alfano, compositeur de Cyrano de Bergerac Toscanini a commandé la fin à un jeune disciple, Franco Alfano, compositeur de Cyrano de Bergerac. Comme tous les finisseurs de l’œuvre d’un autre, comme Viollet-le-Duc ajoutant une flèche à Notre-Dame de Paris, il a été dénigré pour n’avoir pas trouvé un souffle comme celui de Tanto amore segreto, Straniero, ascolta ! Non piangere Liù ou Nessun dorma. Mais il n’est pas un compositeur de grands airs. Dans Cyrano de Bergerac, il en accorde un à Roxane. A t-il à ce point démérité dans Turandot ? La question reste ouverte. À la première représentation, Toscanini a posé la baguette à la mesure où la mort a interrompu Puccini, après la mort de Liù. La postérité en a décidé autrement, on représente l’œuvre jusqu’au bout. Sans mentionner d’ailleurs la contribution d’Alfano. 2 Roberto Alagna interprète de Calaf Ténor et acteur, Roberto Alagna, à Orange, répondait à toutes les exigences du compositeur, de sorte qu’il semblait impossible d’aller plus loin. Au Royal Opera House de Londres, son Calaf parvient à une humanité encore jamais atteinte, même par lui. Entouré de Lise Lindstrom, sa Turandot d‘Orange en 2012, et d’Aleksandra Kurzak, à la ville madame Roberto Alagna, qui chante sa première Liù, cet extraordinaire Pygmalion, se surpasse. Les deux générales de Turandot, le 3 juillet 2017, à Covent Garden À Covent Garden, où alternent deux distributions, il y a eu, le 3 juillet 2017, à onze heures du matin, une répétition générale avec Alagna/Lindstron/Kurzak et une seconde, avec l’autre distribution, à cinq heures du soir. Le matin, certains étaient en costumes, d’autres pas ; l’après-midi, tous étaient costumés. Calaf mongol, Calaf chinois Alagna à Orange, était un Mongol l’air de descendre d’un cheval monté à cru, ce que justifie le nom de son père, Timur, Tamerlan. Son costume, taillé pour lui par Katia Duflot, un manteau au gris changeant dont les pans jouaient avec ses mouvements, s’entrouvrait sur sa poitrine ; quand il l’enlevait, un gilet sans manches, un collier, une ceinture nouée comme une fleur écarlate à sa taille. Le pantalon s’enfonçait dans des bottes souples, une perruque avec une queue de cheval haut perchée, de la couleur de ses cheveux. Au Royal Opera House, il porte les vêtements conçus pour une production antérieure, créés aux Jeux Olympiques de Los Angeles, ceux d’un grand seigneur chinois, bleu et rouge, soigneusement fermés, des bottes ornées de motifs recherchés, les cheveux noués haut, avec deux mèches longues sur le côté du visage, d’un noir de jais. Dans une super production aux moyens considérables, où tout est éclatant, distrayant, où pas une seconde n’a été abandonnée à l’ennui, Alagna rend son Calaf encore plus amoureux et plus intime. Ce qu’Alagna apporte à la relation Calaf/Liù D’Orange à Londres, ses sentiments envers Liù ont changé. Ils sont maintenant au-delà de la compassion et de la reconnaissance que lui inspirent le dévouement sans borne de la petite esclave qui escorte son père sur les chemins de l’exil – ce qu’il devrait faire lui-même, puisqu’il vient de le retrouver, mais au contraire il encourage Liù à continuer sa bonne œuvre sans lui, trop occupé à souffrir d’amour pour une meurtrière princesse. Le dévouement de Liù et la révélation de l’amour qu’elle éprouve pour lui émeuvent le Calaf de Londres plus profondément que celui d’Orange. Il entre avec elle dans une nouvelle relation, manifeste lorsqu’il lui entoure les épaules de son bras dans un geste fraternel, inattendu chez un grand seigneur envers une esclave, et on sent combien cette tendresse pourrait devenir davantage n’était la passion qu’il éprouve pour Turandot. À Orange, il assistait au supplice de Liù avec douleur. A Londres, il devient lui-même un supplicié et Alagna révèle un Calaf qui, s’il n’était pas plus sûrement encore entravé par sa folie d’amour que par les sbires de Turandot, se sacrifierait peut-être pour sauver Liù. Il cesse d’être le spectateur navré de la torture, devient participant à la souffrance de Liù, comme s’il était torturé avec elle. L’expression d’une tendresse aussi vibrante pour la petite esclave entraîne une modification de la mise en scène. Le Calaf d’Alagna s’approche de Liu, enveloppe sa tête de ses mains, touche son visage, avant de s’effondrer cassé par la douleur. L’autre chanteur, comme le faisait Alagna à Orange, n‘est pas affecté jusqu’au fond de l’âme et manifeste la tristesse naturelle à un grand seigneur à la mort d’une esclave attachante sans chercher cet ultime contact qu’on quémande à la perte d’un être aimé. Interprète de Liù, Aleksandra Kurzak, qui ne cesse de s’affirmer dans les rôles qu’elle aborde désormais, justifie pleinement un changement qu’elle a probablement inspiré. En conservant les aigus limpides qui ont fait d’elle, avec cette ligne si haute et fragile qui semble sur le point de se briser et ne se brise pas, l’incomparable interprète du plus célèbre de ses compatriotes, Frédéric Chopin, sa voix a acquis plus d’ ampleur. Elle brûle les planches et tire Liù de l’effacement scénique dans lequel on la confine souvent. Sa Liù à elle n’est ni fade ni mièvre, elle n’en fait pas une victime-née, mais une femme vivante, faite pour la vie. On comprend que Calaf soit séduit et que sa mort l’air changé puisqu’il ose prendre pour Liù morte des risques qu‘il n’a pas pris pour elle vivante Lorsqu’il plante à Turandot sa banderille « principessa di morte », la vierge sanglante comprend que Calaf est prêt à mourir pour le souvenir de Liù, comme Liù et morte pour sauver Calaf. Ayant manifesté cette tendresse ardente à Liù, Roberto Alagna ne peut en rester là. Changer quelque chose à une œuvre, oblige à revoir le reste. Il rééquilibre son personnage. Il a donné davantage à Liù, il donne davantage à Turandot. Un rôle porté jusqu’à l’incomparable Le Nessun Dorma, qui débute le troisième acte, est devenu l’air le plus populaire de Turandot lorsque la BBC l’a choisi dans l’interprétation de Pavarotti pour la coupe du monde de football de 1990, en Italie. Il demande un souffle capable de tenir les notes interminables de «sulla tua bocca lo dirò » et de monter dans l’étourdissant « Vincerò » avec un La et un Si aigu que la voix doit atteindre sans s’épuiser pour traduire vocalement la puissance de l’espoir invincible qui grandit en Calaf. Personne n’a oublié le Vincerò d’Alagna à Orange, le hurlement de bonheur qui a soulevé les gradins, près de dix mille personnes qui se levaient en même temps, criant leur enthousiasme, lui, le visage vers le ciel, les yeux dans lesquels scintillaient les étoiles démultipliées par les larmes qu’il retenait (voir l’enregistrement sur YouTube). C‘est un peu après, le Vincerò au moment du baiser, que la mise en scène du Royal Opera House a été un peu modifiée pour (ou par ?) Alagna. Ce qu’Alagna apporte à la conception Calaf/Turandot Un baiser donc provoque le retournement d’une frigide, révulsée à la seule idée qu’un homme ait la scandaleuse idée d’approcher d’elle, en une femme qui veut connaître l’amour. Tout le monde en est satisfait. Alagna aussi s’en contentait à Orange. C’est ce qui est écrit dans le livret. Mais si on va dans la musique, c’est autre chose. Or Alagna est musique. Son chant s’envole, sa voix s’élève pressante, puissante, heureuse, réclamant davantage, tandis que celle de Turandot vacille entre la terreur d’abandonner sa névrose et le désir, pour elle inconcevable, de délices inconnues et d’étreintes charnelles, dont Calaf a la clef. Un baiser, même comme à Orange ou comme dans l’autre distribution du ROH, fougueux et passionné, c’est un peu un coup de baguette magique. Pour transformer à ce point Turandot. Calaf à Londres n’a plus envie de s’en contenter, d’autant que ce qui était crédible au temps de Puccini ne l’est plus aujourd’hui. Au sens propre comme au figuré, il arrache le masque de Turandot, révélant un visage bouleversé. Lise Lindstrom, sa superbe Turandot d’Orange, a fait à Londres le même chemin que lui, elle a porté son personnage vers plus d’humanité, au point que, sous le masque, on croit déchiffrer son tourment sur ses traits. C’est alors évident qu’aucun d’eux n’a l’intention de se contenter d’un baiser. Calaf enlace sa princesse, la fait ployer sous lui, l’entraîne à terre dans ses bras pour lui faire découvrir tout ce que recouvre ce sentiment perturbant exigé, refusé, accepté. Si, pendant la générale, Alagna s’embrouille dans ses très longs cheveux, on y croit davantage, c’est arrivé à tous les amants. Mais, bien entendu, à la première représentation publique, il a réglé le problème des longues mèches. L’écrin Le spectacle intègre la Chine comme Puccini l’a intégrée dans sa musique. Les ballets semblent venus de l’opéra de Beijing, les masques paraissent décrochés du palais d’Été, les décors n’ont rien à envier à ceux du Dernier Empereur. Les couleurs, jetées sur la scène avec brio ou passées aux tamis de l’argent et de l’or sont exaltées par les éclairages. Tout contribue à la réussite d’une grande mise en scène sous la baguette de Dan Ettinger qui enthousiasme chœurs et orchestre sans écraser les voix. Dans la salle de ses premiers triomphes, où Roberto Alagna a connu les pluies de fleurs, gagné le prix Lawrence Olivier, où les places s’arrachaient aux enchères pour l’entendre en concert, celui qui est toujours, « l’homme à la voix d’or » reçoit toujours des ovations. Le public de la première, le rideau à peine ouvert pour les saluts, était debout et applaudissait à tout rompre, trépignant au milieu des fauteuils. Avec une telle présence sur scène, la puissance et la projection d’une voix au timbre de velours cuivré, aucun ténor aujourd’hui ne peut lui être comparé. Aucun Calaf n’égale son Calaf, qui surpasse toutes les interprétations possibles. Puisque Roberto Alagna arrive à surpasser même la sienne. © Jacqueline Dauxois pour CLASSIQUENEWS LIRE l’article précédent de Jacqueline Dauxois sur CLASSIQUENEWS : CHANTEZ, C’EST JOUER / Roberto Alagna chante Cyrano de Bergerac au Metropolitan Opera de New York CHANTER, C’EST JOUER (nouvelle série). Roberto Alagna par Jacqueline DAUXOIS (1). PRÉSENTATION. L’Opéra c’est du théâtre. Chanter et jouer, c’est le défi double que les plus grands relèvent et accomplissent. Ferveur constante, admiration perpétuelle… A la ténacité légendaire de l’artiste lyrique dans l’élaboration de ses rôles, répond l’écoute assidue de celle qui en comprend les enjeux comme les sacrifices : Jacqueline Dauxois…. EN LIRE + —————————— APPROFONDIR : sur le site de jacquelinedauxois.fr : Pour en savoir plus sur Turandot : http://www.jacquelinedauxois.fr/2017/07/09/roberto-alagna-d…res-juillet-2017/ sur Cyrano de Bergerac au Metroplolitan Opera de New York : http://www.jacquelinedauxois.fr/2017/05/10/roberto-alagna-d…-bergerac-au-met/ et sur L’Elisir d’Amore : http://www.jacquelinedauxois.fr/2017/06/24/le-nemorino-de-roberto-alagna/ ——————— Illustrations : Turandot à Londres ROH / Roberto Alagna dans le rôle du prince Calaf © Alagna / Turandot : Tristram Kenton 2017




Classiquenews.com - Articles

4 juin

Télé engagée : Les Prodiges sur France 2

Télé, compte rendu. Les Prodiges sur France, le 2 juin 2017. FRANCE 2 renouvelle le genre du divertissement culturel, associant jeunesse et musique classique. Une équation délicate, idéalement réussie. Il fallait oser : diffuser au prime time sur France 2 (20h50), un plateau en direct dédié aux jeunes talents de la musique classique, instrumentistes, danseurs et chanteurs, entre 10 et 19 ans à peine, soit un groupe de futurs vedettes du classique, des graines de stars… invitées à jouer, danser, chanter les tubes de la musique classique (musique de chambre, opéra, oeuvres symphoniques, grands ballets du répertoire…). Force est de constater que le jeunisme brillant voire performant est terriblement télégénique ; ces enfants et adolescents ont déjà tout des grands artistes : concentration, expressivité, engagement. Chez certains même, déjà la grâce et une présence d’une rare subtilité (la soprano Lucile, Eric dit le petit rossignol, les danseurs Melvil et Simon, Marin le clarinettiste au souffle et au phrasé saisissant…). Tous cultivent déjà à leur jeune âge le sens du beau, l’écoute des autres, le partage… éléments d’une séduction irrésistible. Des valeurs et des clés d’accomplissement personnel et collectif qui font d’autant plus chaud au cœur à l’heure des actes barbares et terroristes, quand nos sociétés se délitent déchirées par la haine, le racisme, l’homophobie, l’individualisme outrancier, le mépris du bien commun, la destruction concertée et commerciale de la nature pourtant miraculeuse. On se prend à rêver et on se dit que les futurs générations sont peut-être en train de se resaisir, portées par des valeurs positives. L’art, la culture, la créativité préservent évidemment notre humanité. Ils la cultivent, l’enrichissent, la fortifient. A contrario des barbares qui détruisent les statues de Bouddha, les pièces rares des musées, le site de Palmyre. D’autant que ces jeunes osent et savent surprendre : Lucile chante le Nessun Dorma de Puccini (Turandot) originellement pour ténor (magnifié par l’immense Luciano Pavarotti). La flamme est transmise. L’ARMEE DES 10 000 chanteurs… Le clou du spectacle diffusé depuis le stade Pierre Mauroy de Lille reste la présence en fond de scène (toute une section du stade leur était dévolue, avec force effets de lumières) des 10 542 collégiens et lycéens des Hauts de France et de Castelnaudary… armée de lutins chanteurs prêts à en découdre avec comme seul arme pour la paix planétaire, leurs voix désarmantes : l’initiative est inouïe et le symbole mémorable. Il s’agissait bien de la plus grande chorale du monde. Quand tous – jeune prodiges et choristes, chantent la Marseillaise, l’idée d’un futur proche, où percent et rayonnent les idéaux de la Révolution et des Lumières se dresse et se concrétise : une image qui elle aussi restera. D’autant qu’une telle expérience peut faire naître des vocations parmi toutes ses jeunes âmes… que la culture et la musique classique diffusent et portent toujours les volontés des plus jeunes : ce sont eux qui formeront la société de demain. Chanter ensemble, c’est vivre ensemble. Le classique : arme de destruction massive contre la haine et la barbarie Sur France 2, la grâce des « Prodiges » Dans un dispositif acoustique instable – vrai défi pour les ingénieurs acousticiens, où la distance et le retour son dérèglent constamment la cohésion générale, l’Orchestre national de Lille a démontré sa grande séduction sous la direction majoritaire de Zahia Ziouani, parité oblige, et de son récent directeur musical atittré, Alexandre Bloch (pour l’hymne à la joie de la IXè de Beethoven en fin de soirée). Beaucoup moins convaincants, les incessants changements de plans de la réalisation vidéo ; on a compté : pas plus de 2 secondes pour un plan ; l’effet zapping, la succession continue changeante des images et des angles donnent le tournis ; elle finit par agacer. On veut bien comprendre ce goût pour le spectaculaire et l’idée d’exploiter au maximum le grandiose du site – d’où l’utilisation des caméras montées sur grues et leurs mouvements insistants en veux, en voilà ; mais de grâce, dîtes au réalisateur que le classique a droit à une autre traitement que les émissions de variété, même s’il faut évidemment le rendre accessible. Rester au moins 10 secondes sur l’expression d’une chanteuse, sur le regard d’une danseuse, suivre la courbe d’un corps dansant, observer le jeu des mains d’un instrumentiste, détailler la connivence entre deux musiciens en complicité, découvrir l’immensité du stade en restant en plan fixe surplombant les deux scènes, ce au moins 10 secondes en effet, seraient d’un tout autre effet. Et rendraient mieux compte de cette magie inénarrable du spectacle de musique, de chant, de danse classique. A chaque séquence, son rythme spécifique. MUSE ET GUIDE DE CHARME. En fée habile volubile, présentant chaque nouvelle séquence, -scintillante par son esprit, sa verve, son naturel, Marianne James a su insuffler et cultiver ce sens précieux de la décontraction élégante ; en plus de l’humour, la présentatrice – qui fut en 2016, la marraine charismatique du salon de la musique à la Villette , a aussi du caractère entre protection quasi maternelle et attendrissante complicité pour ses jeunes partenaires, mais aussi une culture du classique sans pareil qui change des potiches ordinaires ; de grâce, responsables des programmes sur France Télévisions, choisissez Marianne J pour les prochaines Victoires de la musique : on rêve déjà d’un duo mordant, percutant, drôle voire décalé (à la Raymond Devos ?) entre Marianne James et Frédéric Lodéon… CQFD. Pour le reste, l’esprit est gavé de tableaux éblouissants, où la jeunesse revisite avec une incandescente fraîcheur, les grands standards du classique. Un vrai coup d’éclat et un succès d’audience indiscutable (3,1 millions de téléspectateurs, soit 13.7% de part d’audience) (1) qui démontrent l’appétence des téléspectateurs pour les vrais talents et la musique classique. C’est un vent d’espoir imprévu qui souffle soudainement. Du positif. Hors des contenus formatés, vulgaires et racoleurs de la “téléréalité” destinés spectateurs décérébrés, proies désignées, préparées pour la publicité. Demain, on veut bien suivre pas à pas, chacun des jeunes talents, pardon : chacun de ces jeunes « Prodiges », dans leur parcours et carrière en devenir. Et nous, spectateur enfin exaucés, nous disons merci au service public de nous offrir une telle soirée. La redevance et l’impôt en sont presque justifiés. Chapeau à la direction des programmes culture et divertissement de France 2 ; voilà un programme exemplaire à une heure de grande écoute. Décloisonner les genres, dépoussiérer la culture, élargir l’audience du classique, faire bouger les lignes, réécrire notre destin collectif, stimuler notre désir des autres… on dit OUI ! A quand un nouvel opus ? ————————————- (1) La soirée des Prodiges programmée à 20h50, était suivi de deux autres programmes complémentaires, eux aussi couronnés par l’audience captée respectivement : à 23h, le Grand concert la suite (sorte de debrief de la soirée afin de recueillir les impressions à chaud des jeunes prodiges / 2 millions de téléspectateurs soit 12,4 de pda), puis à 23h25, le documentaire « la folle histoire des Prodiges » (900 000 spectateurs, soit 11,4 % de pda). De nouveaux records pour la case musique classique à la télé.



Classiquenews.com - Articles

2 avril

Opéra, compte-rendu critique. Valence, le 1er avril 2017. Donizetti : Lucrezia Borgia. Mariella Devia / Biondi / Sagi

Opéra, compte-rendu critique. Valence. Palau de les Arts Reina Sofía, le 1er avril 2017. Gaetano Donizetti : Lucrezia Borgia. Mariella Devia, William Davenport, Marko Mimica, Silvia Tro Santafé. Fabio Biondi, direction musicale. Emilio Sagi, mise en scène. Grâce à The Opera Plateform, fruit d’un partenariat entre quinze maisons d’opéra dans douze pays de l’Union Européenne, Arte et l’association Opera Europa, les mélomanes du monde entier peuvent profiter de ce qui est peut-être la dernière incarnation de la terrible et séduisante empoisonneuse Lucrezia Borgia par l’immense Mariella Devia, à moins de quinze jours de ses 69 printemps. Filmée en direct et retransmise sur la Toile, cette représentation du 1er avril fera date dans le cœur du public et restera dans les mémoires. Et ce n’est pas un poisson d’avril. Ce soir, tout concourt comme rarement à faire de cet évènement, un moment d’exception. Vénéneuse et magicienne, “La Devia” chante Lucrecia : un moment d’exception à Valence Poison d’avril La mise en scène tout d’abord, imaginée par Emilio Sagi pour cette nouvelle production. Toute d’argent et de noir façonnée, cette scénographie aussi intemporelle que dépouillée, mais très esthétisante, se regarde avec un grand plaisir et possède surtout le mérite de renvoyer idéalement les voix vers la salle, grâce au fond de scène amovible et aux nombreux panneaux qui forment un plafond au-dessus de la tête des chanteurs et où le son peut se répercuter pour remplir ensuite le théâtre. Ces mêmes panneaux qui, une fois scellé le destin des protagonistes, descendent en enfermant la scène dans un écrin oppressant qui traduit très bien l’angoisse et le désespoir dans lesquels s’achève l’ouvrage. Les superbes costumes, couvrant une palette de couleurs allant du noir à l’argenté en passant par le gris, participent de cette intemporalité et de l’universalité du drame, seule la Borgia apparaissant pour son ultime scène dans une magnifique robe écarlate. L’orchestre ensuite, enivrant de beauté sonore, rutilant de tous ses pupitres, sonnant à merveille grâce à l’acoustique remarquable de la salle. Il est conduit de main de maître par Fabio Biondi qui prend un plaisir évident à diriger une phalange à la pâte aussi splendide et, tout en soutenant superbement les chanteurs, sait lâcher la bride aux moments opportuns, notamment dans des fins d’airs superbement ralentis et posés, dont les accords font vibrer les murs du théâtre. La distribution enfin, éblouissante. Tous les seconds rôles, issus en totalité du Centre de Perfectionnement Placido Domingo, font forte impression, tant en groupe que séparément, par leurs voix puissantes et leur personnalité qui augurent du meilleur pour la suite. On retiendra tout particulièrement le ténor Fabián Lara dans le rôle de Liverotto, qui se fait remarquer en deux phrases par l’ampleur et la solidité de son instrument, emplissant d’un coup toute la salle. Carton plein également pour Silvia Tro Santafé, qui confirme décidément sa place au panthéon des mezzos actuelles, malgré une carrière plus discrète que certaines de ses consœurs. Fidèle à son habitude, c’est elle qui ouvre le bal, et comme dans Roberto Devereux à Bilbao et dans Maria Stuarda à Marseille, l’arrogance de son chant annonce le niveau de la soirée. Le timbre, orné d’un délicieux vibratello qui devient presque une signature vocale, demeure toujours aussi beau, le grave sonne de plus en plus plein et facile, et l’aigu conserve le tranchant qu’on lui connaît, mettant d’emblée la barre très haut et faisant dès l’introduction monter l’excitation. On s’incline également bien bas devant Marko Mimica qui, après avoir été un pilier de la troupe du Deutsche Oper de Berlin, conquiert peu à peu les scènes internationales grâce à ses fabuleux moyens vocaux et son magnétisme en scène. La joie est immense d’entendre ce rôle, finalement loin d’être secondaire, servi par une voix de basse aussi superbe, qui plus est dotée d’une puissance impressionnante, d’un grave aussi aisé que sonore et d’un aigu très assuré. Sa scène du premier acte demeure à ce titre l’un des grands moments de la soirée. On sera un peu plus mitigé concernant William Davenport dans le rôle de Gennaro. Trac ? Manque d’assurance ? Toujours est-il que le jeune ténor américain semble craindre sa propre voix, la retenant ainsi fréquemment durant la soirée. Pourtant, à d’autres moments, le chanteur ose appuyer pleinement les sons et déploie la totalité de son instrument, en réalité à la mesure de sa stature de colosse rappelant le jeune Luciano Pavarotti. Si l’aigu gagnerait à être parfois plus assuré, il atteint en revanche le contre-ut sans faillir lorsqu’il se libère. Scéniquement pas toujours à l’aise, comme encombré de son propre corps, il sait toutefois trouver l’émotion juste dans les échanges avec ses partenaires. On espère ardemment que ce ténor plus que prometteur saura trouver la confiance qui semble lui manquer encore, car on entend déjà en filigrane les superbes Roberto Devereux et Riccardo Percy qu’il pourra être bientôt. En outre, on regrette que l’air rajouté par Donizetti pour le ténor Nikolaï Ivanov – ou celui écrit pour Giovanni Mario – n’ait pas été réintroduit, car il aurait pu y faire merveille. Une prochaine fois ? Reste la reine de cette soirée, et qui la domine de la tête, des épaules et de la voix : Mariella Devia. Véritable légende vivante, notamment en Italie, la diva transalpine justifie une fois encore son statut d’icône. A presque 69 ans, la voix paraît absolument épargnée par les outrages du temps, la couleur de la voix demeurant identique à elle-même et le vibrato restant incroyablement égal. Le contrôle du souffle se révèle total, comme celui des nuances, permettant ainsi des piani suspendus à peine croyables. Et quand la voix s’enfle littéralement, comme l’expansion d’un son ténu mais parfaitement concentré et jamais poussé, c’est pour faire résonner le théâtre tout entier. Commencée au sommet par un « Com’è bello » tendrement ciselé, la soirée s’achève avec une scène finale hallucinée mais maîtrisée en pleine conscience jusque dans ses moindres inflexions, et couronnée par un contre-mi bémol qu’on n’osait plus attendre et qui fait délirer le public une fois le rideau tombé. Pour cette leçon de chant, que chaque cantatrice en devenir devrait écouter religieusement et prendre en exemple, pour votre art, où chaque émotion n’est que musique, simplement merci, Madame. ______________________ Valence. Palau de les Arts Reina Sofía, 1er avril 2017. Gaetano Donizetti : Lucrezia Borgia. Livret de Felice Romani d’après la pièce éponyme de Victor Hugo. Avec Lucrezia Borgia : Mariella Devia ; Gennaro : William Davenport ; Alfonso d’Este : Marko Mimica ; Maffio Orsini : Silvia Tro Santafé ; Liverotto : Fabián Lara ; Vitellozzo : Andrés Sulbarán ; Gazella : Alejandro López ; Rustighello : Moisés Marín ; Gubetta : Andrea Pellegrini ; Astolfo : Michael Borth ; Petrucci : Simone Alberti ; Usher : José Enrique Requena ; Une voix : Lluís Martínez. Cor de la Generalitat Valenciana ; Chef de chœur : Francesc Perales. Orquestra de la Comunitat Valenciana. Direction musicale : Fabio Biondi. Mise en scène : Emilio Sagi ; Décors : Llorenç Corbella ; Costumes : Pepa Ojanguren ; Lumières : Eduardo Bravo. DVD : LIRE aussi notre compte rendu complet / critique du DVD Roberto Devereux avec l’Elisabeth de Mariella Devia, Madrid Teatro Real, octobre 2015

Classiquenews.com - Articles

1 mars

OPERA. ROBERTO ALAGNA, un ténor en or, sur tous les fronts…

OPERA. ROBERTO ALAGNA, un ténor en or, sur tous les fronts…Il a récemment publié un récital discographique intitulé « Maléna », référence au prénom de sa fille nouvellement née, source d’un bonheur qui lui avait permis de parler au moment de l’événement d’une « re-naissance ». La joie de devenir une seconde fois père réalisant un jalon dans sa vie personnelle. Roberto Alagna, partisan d’un ouvrage familial, y chante entre autres 7 créations conçues en italien, sicilien, napolitain par ses frères Frederico et David. En mars 2017, le ténor français occupe le devant de l’affiche parisienne en chantant à nouveau Don José dans Carmen (1875) de Bizet à l’Opéra Bastille, à partir du 10 mars et jusqu’au 31 mars 2017. Ensuite, le chanteur s’envolera pour New York, où au Metropolitan Opera, il incarnera un rôle qu’il adule entre tous, Cyrano de Bergerac, du 2 au 18 mai 2017. Puis Roberto Alagna sera Nemorino dans L’Elisir d’Amore à Berlin (Deutsche Oper Berlin, les 23 et 27 mai), et à Londres (Royal Opera House, du 13 au 22 juin 2017)…. avant de chanter, sur la même scène londonienne, le rôle du Prince Calaf dans Turandot de Puccini les 8, 11, 14 juillet 2017…. pour enchaîner sa dernière date dans Carmen à Paris (le 16 juillet) et aborder les chansons de son album Malèna à Carcassonne (Théâtre Jean-Deschamps, le 19 juillet), pour enfin, chanter le jeune et vaillant général égyptien Radamès dans une version de concert d’AIDA de Verdi, le 1er septembre 2017, au Yehudi Menuhin Festival & Academy à Gstaad. Le printemps et l’été 2017 seront donc bien chargés pour le plus grand ténor français actuel, véritable bête de scène, auquel un récent livre est dédié, sous la forme d’un essai particulier qui suit son travail sur chacun de ses rôles favoris (de Werther à Othello, de Cyrano justement à Don Carlo et au Cid… : « Quatre saisons avec Roberto Alagna » par Jacqueline Dauxois (Editions du Rocher) . Pour Roberto Alagna (né à Saint-Denis en 1963), chanteur des cabarets parisiens à ses débuts, qui fut révélé par le Concours Pavarotti en 1983-1986, Cyrano est bel et bien le rôle qui les résume tous : à la fois, Quichotte, D’Artagnan, Nemorino, Radamès, Otello… C’est un anti héros qui ignore sa valeur et sa beauté, et qui par goût du défi et du dépassement, parce qu’il est courageux, ambitionne d’être le meilleur d’entre tous. Et même au bord du gouffre, avant de mourir, il conserve ce panache naturel qui le distingue toujours et l’élève à la cime des vertus humaines. Parce qu’il se donne entièrement, totalement, âme, corps et chat bien sûr à chaque rôle, l’interprète semble habiter son personnage comme s’il le créait chaque soir… Assurément un artiste à suivre, d’autant qu’il est au sommet de sa carrière, doué et porté par un expérience scénique unique au monde. Roberto Alagna vient aussi en février 2017 de changer d’éditeur discographique : artiste Sony classical à présent (la même maison que Jonas Kaufmann), il devrait publier de prochains disques prometteurs… ______________________ Ses 4 prochains grands rôles : José, Cyrano, Nemorino, Calaf AGENDA de ROBERTO ALAGNA, de mars à septembre 2017 DON JOSÉ dans Carmen de Bizet PARIS, Opéra Bastille, les 10, 13, 16, 19, 22, 25, 28, 31 mars 2017 puis 16 juillet 2017 CYRANO DE BERGERAC NEW YORK, Metropolitan Opera Les 2,6,10,13 mai 2017 NEMORINO dans L’Elisir d’amore de Donizetti BERLIN, Deutsche Oper Berlin Les 23 et 27 mai 2017 LONDRES, Royal Opera House Les 13, 16, 19, 22 juin 2017 CALAF dans Turandot de Puccini LONDRES, ROH (idem) Les 8, 11, 14 juillet 2017 RADAMES dans AIDA de Verdi GSTAAD Yehudi Menuhin Festival & Academy Le 1er septembre 2017 ____________________ Toutes les infos sur le site officiel de Roberto Alagna

Luciano Pavarotti
(1935 – 2007)

Luciano Pavarotti est un ténor italien (12 octobre 1935 - 6 septembre 2007). Souvent cité comme le plus grand et le plus populaire chanteur d'opéra depuis Enrico Carus, il a chanté les plus grands airs du bel canto, notamment Verdi et Puccini, et a également collaboré avec des artistes venus d'autres univers musicaux (Queen, U2, Sting, Elton John, ...). En plus de quarante ans de carrière, il a contribué à populariser la musique classique au cours de nombreux concerts télévisés, particulièrement lors des séries de représentations des Trois Ténors (avec Plácido Domingo et José Carreras). Le nombre total de ses albums vendus est estimé à environ cent millions. Pavarotti a également usé de sa popularité pour le succès d'actions de charité, à l'occasion de concerts à l'issue desquels sont récoltés des fonds (aide aux réfugiés et à la Croix-Rouge).



[+] Toute l'actualité (Luciano Pavarotti)
13 juil.
Classiquenews.com...
12 juil.
Classiquenews.com...
4 juin
Classiquenews.com...
6 mai
Le blog d'Olivier...
2 avril
Classiquenews.com...
1 mars
Classiquenews.com...
16 févr.
Le blog d'Olivier...
1 févr.
Classiquenews.com...
10 janv.
Le blog d'Olivier...
6 janv.
Le blog d'Olivier...
31 déc.
Classiquenews.com...
18 déc.
Classiquenews.com...
5 nov.
Les bons plans de...
25 oct.
Classiquenews.com...
27 sept.
Classiquenews.com...
24 sept.
Classiquenews.com...
9 sept.
Classiquenews.com...
9 sept.
Google Actualité ...
2 sept.
Classiquenews.com...
17 août
Classiquenews.com...

Luciano Pavarotti




Pavarotti sur le net...



Luciano Pavarotti »

Grands artistes lyriques

Ave Maria Caruso 3 Ténors Nessun Dorma Figaro Mozart Puccini Verdi

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...